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Christophe Faverjon

Trois questions à Christophe Faverjon

Vice-président chargé de l’enseignement supérieur

 

L’enseignement supérieur n’est pas une mission obligatoire pour les Métropoles. Pourquoi Saint-Étienne Métropole s’empare-t-elle de cette problématique ?

L’enseignement supérieur revêt une importance stratégique pour plusieurs raisons. D’abord, il s’agit de permettre à chaque étudiant de suivre une formation adaptée à ses souhaits sur le territoire. On sait qu’il est souvent difficile de financer ses études loin de chez soi, c’est pourquoi il est important de disposer localement d’une offre élargie.
On souhaite également être un territoire d’accueil, qui attire des étudiants de partout en France et même de l’étranger. Aujourd’hui, nous avons des étudiants qui viennent de quatre continents. Enfin, on sait que l’économie de demain sera de plus en plus fondée sur les connaissances. C’est pourquoi il est important d’avoir ici des jeunes bien formés, des laboratoires de recherche de qualité. Les entreprises et les emplois de demain sont en germes dans les établissements d’enseignement supérieur d’aujourd’hui.

 

Comment la Métropole agit-elle pour renforcer l’attractivité étudiante de son territoire ?

Toute notre action se fait en lien avec les établissements d’enseignement supérieur et les représentants des étudiants eux-mêmes, avec qui nous avons souhaité tisser un dialogue extrêmement riche. Dès le mandat précédent, nous avons mis en place une gouvernance qui nous conduit à les rencontrer fréquemment, pour échanger autour de leurs besoins et identifier les moyens que nous pouvons mettre en oeuvre pour les accompagner. Cela s’est notamment traduit par la création de la web-application SaintéMémo, qui recense toutes les aides accessibles aux étudiants, et, lors de la crise de la Covid, par la mise en place d’un plan d’action de lutte contre la précarité étudiante élaboré avec les établissements, les étudiants et leurs associations, pour leur venir en aide au travers de 18 mesures diverses allant des bourses de stage au soutien psychologique. Nous voulons conserver ce mode d’action.
Pour attirer les étudiants, il faut faire en sorte qu’ils puissent bien vivre. C’est pourquoi nous avons adopté une tarification solidaire pour le réseau de transport en commun, avec un abonnement à 10 euros par mois pour eux, ce qui fait de nous l’une des métropoles les moins chères de France. Nous avons également mis en place « Noctambus », un service qui leur permet d’avoir une vie étudiante à côté de leurs études. Et nous avons la volonté de moderniser les campus avec des investissements importants.
Enfin à travers l’Observatoire Territorial du Logement Étudiant et le Schéma Campus, nous nous efforçons de suivre et de structurer l’offre présente sur le territoire, notamment les déplacements intercampus avec prochainement la mise en place du Chronobus M6+ ou encore le logement étudiant avec une attention particulière sur les programmes de construction de résidences étudiantes.

 

Vous parlez de rénovation des campus, quel est le rôle de la Métropole
dans ces chantiers ?

Il n’est pas question de se substituer aux établissements mais d’être un facilitateur pour leurs projets. Dans le cadre du plan de relance que nous avons adopté, 20 millions d’euros ont été fléchés sur l’enseignement supérieur, que ce soit pour la rénovation des campus ou l’équipement scientifique des établissements. Ils s’ajouteront aux moyens que nous allons déployer dans le cadre du contrat de plan État-Région qui est en cours d’élaboration.
Notre volonté est de poursuivre et amplifier l’effort sur la rénovation des campus au travers de plusieurs projets immobiliers d’envergure, d’accompagner de nouveaux projets de développement et d’implantation de formations sur le territoire, de continuer à soutenir la R&D et l’entrepreneuriat issus de nos établissements.

Les emplois de demain sont en germes dans les établissements d'enseignement supérieur d'aujourd'hui