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Industrie Saint-Étienne Métropole

LA MÉTROPOLE FAÇONNE L’INDUSTRIE DU FUTUR

De la turbine hydraulique de Benoît Fourneyron au laser femtoseconde, voilà 200 ans que notre économie suit un fil jamais rompu, celui de l’innovation. Si les trois premières révolutions industrielles ont trouvé de quoi s’inventer sur le territoire, la quatrième ne fait pas exception.

 

Il y a des traditions qui ne sont pas des poids mais des atouts. Au début du XIXe siècle, l’alliage des cerveaux locaux qu’étaient Benoît Fourneyron, Jean-Louis Jalabert et autres Barthélémy Thimonnier avec la variété des secteurs industriels – armes, textile, mines et métallurgie – a définitivement lancé la grande machine à créer stéphanoise. Depuis, elle ne s’est jamais arrêtée.

En 2020, les héritiers de la 1ère révolution industrielle façonnent la 4e, toujours au sein du territoire métropolitain. Ils travaillent dans nos entreprises : start-up, petites pépites mais futures grandes, PME ou encore grands leaders nationaux voire européens. Ils enseignent et cherchent dans les laboratoires de nos écoles d’excellence que sont, notamment, l’École nationale supérieure des Mines de Saint-Étienne ou encore l’Enise (École nationale d’ingénieurs de Saint-Étienne) et l’Université Jean-Monnet.

« Ici, les gens ont dû se débrouiller et inventer… »

Cette excellence scientifique alimente un écosystème qui sait se fédérer en réseaux pour mieux innover. « Nous avons des écoles d’ingénieurs de bon niveau, un tissu universitaire intéressant et une industrie variée » résume Jean-Lucien Rascle, créateur de Boa concept (lire p 26), lui-même diplômé de l’École des Mines.

« Historiquement, il manque au territoire de grandes fortunes pour investir dans l’appareil industriel. Mais c’est aussi un atout : ici, les gens ont dû se débrouiller et inventer… Cela a donné une vision plus large, l’habitude de dénicher ailleurs des idées. Ce tissu économique s’appuie sur sa souplesse et l’excellence scientifique. Ce qui suscite davantage l’innovation que s’il n’y avait que des grands groupes. »

Au sein de ce terreau créatif, l’ingénierie santé est une référence qui peut s’appuyer sur le campus santé et innovations au CHU. Elle est tournée à 60 % vers le textile technique : la R&D des Thuasne et Gibaud en fait des leaders mondiaux.

Les équipements médicaux et les implants chirurgicaux ne sont pas en reste. Le Pôle des technologies médicales fédère depuis plus de 20 ans chercheurs, entrepreneurs et professionnels de santé pour développer la technologie des dispositifs médicaux de demain.

Mais là où l’ingénierie santé pèse environ 100 sociétés pour 3 000 emplois, la mécanique-métallurgie, elle, met dans la balance des milliers d’entreprises et autour de 20 000 postes.

En France, voire en Europe, le bassin stéphanois tire une grande partie des avancées technologiques du secteur. Et le tir est groupé.

Une référence mondiale dans l’ingénierie de surface

Le Groupement d’intérêt d’entreprises (GIE) Manutech réunit l’Enise, l’École des Mines, l’Université Jean-Monnet (avec le laboratoire Hubert-Curien), Centrale Lyon, le Cetim (Centre technique des industries mécaniques) et, côté entreprises, HEF, We Are Group. Il travaille à « l’ingénierie des surfaces », cette capacité à donner des propriétés nouvelles à une matière.

Son projet phare, l’Ultra-fast Surface Design (USD), consiste à amener des technologies au stade industriel via son « Equipex » : sept machines ultra perfectionnées, dont un laser à impulsion ultra-courte.

Effets hydrophobe, anti-givrage, anti frottements de l’air : les applications sont infinies et sur toutes surfaces.

Référence mondiale en la matière, l’entreprise HEF (2 200 salariés dans le monde) s’est implantée à proximité du centre de Saint-Étienne, dans ce qui forme un véritable campus de la haute technologie autour de Manufacture-Plaine Achille. La société est ainsi voisine de la plateforme de Manutech, elle-même installée au BHT (Bâtiment des hautes technologies). Si des géants comme Airbus font appel à cette dernière, start-up ou PME y ont des facilités d’accès via le programme Welcome Pack, entre autres, financé par Saint-Étienne Métropole.

En pôle position sur l’impression 3D métallique

Autre expertise dans le domaine métallurgique qui place la Métropole en pôle position : « la fabrication additive ». Autrement dit, l’impression 3D métallique, qui simplifie la conception et la fabrication de pièces aux formes complexes. Là encore, l’avance stéphanoise résulte d’une logique de réseau : Cetim, Enise, Mines, à nouveau, et le pôle de compétitivité Cimes et l’UIMM Loire.

De quoi maîtriser quasiment l’ensemble des procédés : fusion par faisceau d’électrons, fusion laser sur lit de poudre, projection de liant… Au sein de cette gigantesque émulation, Saint-Étienne Métropole assume son rôle : celui de facilitateur. D’abord en co-finançant des infrastructures de recherche. Ensuite, en orchestrant une offre foncière ou de locaux adaptés aux besoins d’entreprises déjà existantes, naissantes ou à venir.

Enfin parce qu’elle est une porte d’entrée technique pour accompagner les porteurs de projets, en particulier les startups et PME.

Objectif : les guider au sein de ce riche écosystème technologique et/ ou leur faire accéder à des dispositifs de financement proposés par la Métropole, voire l’État ou la Région.

QUELQUES LOCOMOTIVES DE L’INNOVATION :

  • SNF Floerger : leader mondial de la chimie et du traitement de l’eau.
  • HEF Group : leader mondial de l’ingénierie des surfaces.
  • Focal : leader mondial de l’acoustique très haute-fidélité.
  • Clextral : leader mondial de l’extrusion bi-vis.
  • A-SIS : leader européen du logiciel de gestion logistique.
  • Thuasne, Gibaud : leaders mondiaux des textiles de santé.
  • DTF : leader français de l’aérosolthérapie et de l’allaitement.
  • Thales Angénieux : leader international de l’optique militaire et civile.
  • Verney-Carron : leader français des fabricants d’armes de chasse.
  • Air Marrel : 4e fabricant mondial de « loaders » de soutes d’avions.