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Visite guidée au MAMC+

Enfants gâtées au MAMC+

Plus qu’un « simple » lieu d’expositions, le Musée d’art moderne et contemporain (MAMC+) multiplie les dispositifs de médiation pour accompagner les visiteurs dans leur découverte des oeuvres. Et parmi ces dispositifs, de plus en plus sont dédiés au (très) jeune public. On a assisté à trois d’entre eux. On vous y emmène…

27-28-29 octobre : atelier de pratique artistique

Ce jeudi-là, le temps est particulièrement clément. L’automne prend des airs d’été indien et les chênes qui bordent l’entrée du MAMC+ arborent un feuillage rougeoyant. Tapissés de feuilles mortes, les abords immédiats constituent, aussi, un idéal terrain de jeu.

C’est là qu’on trouve Sacha, Gustave, Jeanne, Anthime, Malo, Agathe et Hortense, occupés à glaner. Équipés de sacs qui, à leurs poignets, semblent disproportionnés, ils récoltent cailloux, feuilles, « les chapeaux des glands »… la moisson est riche et bon
enfant. Le but de la manœuvre ? Alimenter l’œuvre qu’ils ont entamé la veille : « leur » château, inspiré du « Palais Idéal du Facteur Cheval », fil rouge de cet atelier de trois demi-journées.

Atelier Enfants au MAMC

« Avec les 4-6 ans, on s’adapte beaucoup : à l’attention des enfants, à leur fatigue, à leur niveau de compréhension » expliquent Lisa et Emma, les deux médiatrices de l’atelier. Aussi, les allers-retours se multiplient entre les salles d’expositions du musée, où certaines œuvres et la démarche artistique de leurs auteurs sont décryptées, et le vaste atelier où les enfants n’observent plus, mais créent. Et leur château, doucement mais sûrement, prend forme. Hier, des portes et fenêtres de cailloux ont été disposés. Désormais, c’est au tour des animaux de faire leur apparition. Matérialisés par les enfants au moyen de cailloux blancs, noirs, bleus, gris, de toutes les formes et de toutes les tailles, ils sont petit à petit installés à l’endroit idoine par leurs créateurs.
Puis on place les objets glanés. Certains, en l’espèce, font dans le méticuleux, chaque chose à sa place et chaque place a sa chose. Quand d’autres font plus dans le tas. Il n’empêche, les châteaux, petit à petit, prennent forme. Et ne sont pas sans rappeler, en effet, l’œuvre du célèbre facteur.
À l’issue des trois demi-journées d’atelier, les enfants repartiront avec leurs œuvres (un dessin sur fond noir, deux sur fond blanc dont un grand format), quelques tâches sur les vêtements (qui partent aisément, on vous rassure) et des souvenirs plein la tête…

Tous neufs !

Régulièrement organisés, ces ateliers et visites à destination des plus jeunes sont tout nouveau. « Avant, nous avions des événements plutôt axés « famille », avec les parents et les enfants. Là, on essaie de multiplier ces événements dédiés uniquement aux enfants. Cela nous permet d’avoir un discours vraiment spécifique pour eux » décrypte Katell Coignard, responsable du service médiation culturelle.

Plus d’infos sur mamc.saint-etienne.fr

7 novembre : visite guidée

Une dernière course avant le temps calme. Jasmine, Mathis, Élise, Antonin et Victor se dépensent avant de suivre la visite guidée exclusive proposée chaque premier dimanche du mois. Katell, responsable du service médiation culturelle de l’institution, et Erwin, le guide du jour, invitent leurs petits visiteurs à s’asseoir à même le sol, au milieu d’une salle dédiée aux œuvres de Lionel Sabatté.

Nullement impressionnés par les grandes oxydations sur plaques de l’artiste français, les enfants laissent immédiatement libre cours à leur imagination. « Ça ressemble à la nature avec des arbres au milieu », « Moi, ça me fait penser à la bataille de Poudlard dans Harry Potter », tandis qu’un troisième voit « un volcan avec de la lave ».

« L’artiste serait content, leur explique Katell, car ces créations sont destinées à nourrir votre imaginaire et à provoquer des émotions. N’hésitez pas à vous approcher pour mieux voir les volumes et les couleurs mais n’oubliez jamais la règle d’or : on ne touche pas car on risque d’abîmer. Un musée, c’est justement fait pour montrer, protéger et garder le plus longtemps possible. »

Pendant plus d’une heure, le groupe va déambuler, changeant de salle toutes les dix minutes. À chaque fois, la technique est similaire : Erwin laisse chacun s’exprimer face à l’œuvre puis explique brièvement le travail de l’artiste. Au fur et à mesure de la visite, les langues se délient. Chaque enfant ose, jusqu’à ce que tout le groupe, guides compris, se retrouve… à faire du stretching à même le sol. C’est l’œuvre interactive de l’artiste qui le demande : elle interroge sur le passage à l’acte. Éclats de rires des participants et des autres visiteurs qui découvrent cette scène inattendue.
« C’était trop bien », résume Mathis quand son papa le retrouve à l’accueil du musée.

13 novembre : visite atelier

Une douzaine d’enfants participe à la visite-atelier prévue ce samedi matin. À voir leur impatience, c’est surtout la perspective de mettre la main à la pâte qui a poussé les candidat(e)s du jour à accepter de déambuler dans les différentes salles avec leurs parents. « Quand est ce-que ça démarre ? » demande Juliette. Sa question à peine posée, la voilà habillée d’une blouse aux couleurs du musée. C’est parti.
La taille de l’atelier réservé à la pratique et la diversité des matériels impressionnent les artistes en herbe. Mélanie, la médiatrice, va les initier au monotype, une manière de tisser un lien avec le travail sur les textures de Lionel Sabatté qu’ils ont découvert quelques minutes plus tôt, aux cimaises du musée. Première approche avec la boîte sensorielle.
« Qui veut essayer ? » Plusieurs mains courageuses se lèvent avant de se glisser dans la boîte. Surprise, « ça gratte », lâche Paul alors que la main de Lucas, elle, a rencontré quelque chose de « doux ».
Prochaine étape, le choix des matières pour réaliser le monotype. Fils, papier écrasé, plastique, tissu… à chacun(e) d’assembler les ingrédients qui vont passer sous la presse. L’impression unique et la découverte des créations suscitent évidemment des réactions. « On dirait un animal », « C’est bizarre, je pensais pas que ça serait aussi sombre »… Les interprétations fusent, les rires aussi. Tous veulent renouveler l’expérience. Immersion réussie. Tout le monde se découvre une âme d’artiste. Surtout quand maman ou papa arrive et se pâme devant tant de créativité.

Chaque trimestre, un thème différent est à l’honneur de ces visites-ateliers. Rendez-vous tous les deuxièmes samedis de chaque mois.