Costanza Matteucci et le projet « Du déchet au design »
Quand des designers rencontrent des industriels pour réfléchir ensemble aux manières de réduire leurs déchets, cela donne le projet « Du déchet au design ».
Une action portée par le collectif Designers+, soutenu par Saint-Étienne Métropole. Costanza Matteucci en dévoile les détails.
Rencontre avec Costanza Matteucci
Pourriez-vous présenter le projet « Du déchet au design » ?
C’est un espace de travail conjoint que nous créons avec des industriels de tous secteurs — industrie lourde, manufacture, textile, chimie…
L’idée est de croiser notre regard de designers avec celui des chefs d’entreprise, autour des flux de matière et de ce qui n’est pas utilisé : chutes de production, déchets générés par l’activité.
La matière est précieuse, nous en consommons trop, et la question de la valoriser deviendra bientôt incontournable.
En quoi le design peut-il permettre de réduire les déchets des entreprises ?
Le designer apporte un regard extérieur que l’industriel n’a pas le temps de porter sur ses propres process. Il peut agir à plusieurs niveaux : réduire les déchets en amont en repensant la fabrication, optimiser l’exploitation de la matière, ou trouver de nouveaux usages pour les chutes inévitables.
L’objectif n’est pas seulement de « faire quelque chose avec les déchets », mais de trouver, avec les industriels, les solutions pour ne plus en produire autant.

Costanza Matteucci
Membre du collectif Designers +
« La question de la valorisation deviendra bientôt incontournable »
À quel stade de développement en est le projet ?
Nous sommes actuellement actifs avec cinq entreprises et en phase de pourparlers avec une quinzaine d’autres.
Les échanges se font bénévolement pour l’instant, et nous cherchons des financements pour déployer des solutions à plus grande échelle. La CCI et Saint-Étienne Métropole sont nos partenaires-clés.
Des exemples d’expérimentations en cours ?
Notre collaboration la plus avancée est avec l’imprimerie stéphanoise Morassuti. Trois axes de travail se sont développés.
D’abord, des journées portes ouvertes plusieurs fois par an dédiées aux designers, artisans et étudiants des écoles de la région : pour présenter l’usine et son modèle de Scop, le réseau Designers+ et le fablab Zoomacom à proximité, et garantir le réemploi optimisé des matières non utilisées récupérées auprès de l’entreprise.
Ensuite, des workshops d’une semaine organisés dans leurs locaux avec leurs restes, leurs machines et leurs savoir-faire pour créer des scénographies et signalétiques éco-conçus, du petit mobilier.
Enfin, un projet de packaging : nous travaillons à transformer leurs chutes internes en système réutilisable de calage rembourré pour expédier leurs propres productions — leurs déchets deviennent leurs emballages.




