Ludovic Verzier et ses vélos made in France
Fondateur de Mobiswag, Ludovic Verzier agit pour développer l’usage du vélo en entreprise. Lui qui a déjà déployé 400 vélos de fonction et de service, 100 % made in France, compte bien monter en puissance. Tout en restant solidement implanté sur le territoire…
Rencontre avec Ludovic Verzier
Comment est née Mobiswag ?
Mobiswag a été créée en août 2023 avec l’idée de surfer sur quelque chose qui marchait bien au niveau européen et qui commençait à arriver en France : le vélo de fonction.
Dans le milieu professionnel, énormément de trajets courts sont effectués en voiture par habitude, sans en mesurer les contraintes, alors qu’ils
pourraient être réalisés plus facilement et rapidement en vélo, électrique ou non.
L’idée de Mobiswag, c’est de proposer cette solution de mobilité et de ne pas « juste » vendre des vélos, mais un accompagnement global qui comprend la vente ou location de vélos, la fourniture d’équipements et de matériels adéquats, la formation des usagers, l’entretien, la fourniture de logiciels de gestion de flottes, etc.
L’objectif final, c’est qu’il n’y ait aucune contrainte pour les entreprises.
Et en avril, vous avez ouvert le Comptoir à vélos, à Andrézieux-Bouthéon…
Oui, c’est la même entité. J’étais auparavant en pépinière, au Bâtiment des Hautes Technologies à Saint-Étienne. C’était très bien pour recevoir des clients, mais il manquait la partie showroom.
Nous proposons beaucoup de vélos cargos, de long tail, de remorques, de vélos atypiques à même de répondre aux enjeux de mobilité en entreprise.
Mais pour lever les freins à leur utilisation, il faut les montrer, les faire tester, démontrer par l’exemple qu’ils peuvent être des solutions efficaces et pertinentes. C’est ce qu’on peut faire ici.

Ludovic Verzier
Fondateur de Mobiswag
« Proposer une solution de mobilité complète »
Vous parlez des freins, quels sont-ils concrètement ? Pourquoi le vélo ne devient pas une évidence en entreprise ?
Ils sont avant tout liés à une méconnaissance, à des idées reçues. Il ne faut pas non plus partir du principe que le vélo va remplacer tous les déplacements en voiture mais il faut le voir comme un complément.
Par exemple, nombre d’artisans, pour des rendez-vous commerciaux, des prises de côtes, se déplacent avec des fourgons vides et gagneraient à se déplacer à vélo. On sent que de plus en plus de personnes veulent y aller, mais elles n’osent pas encore franchir le pas.
On constate aussi que, dans certaines entreprises qui ont franchi le pas il y a quelques années, les vélos prennent la poussière et sont peu utilisés. C’est souvent dû à un mauvais accompagnement, un mauvais choix de vélo au départ, qui ne correspond pas aux besoins, un manque d’entretien… c’est le sens de Mobiswag : permettre aux entreprises d’être accompagné sur le choix du matériel, des équipements, et les suivre jusqu’à l’entretien des flottes.
Enfin, le vélo est peut-être un peu associé à une démarche militante. Nous, nous sommes pragmatiques : le vélo est économique, bon pour la santé, le bien-être et l’écologie. Il n’y a que des avantages, autant en profiter !
L’aspect local compte beaucoup dans votre démarche ?
Oui, l’objectif est vraiment de satisfaire les besoins localement, dans la Loire et en Haute-Loire.
On travaille avec des prestataires locaux, Ferriol-Matrat pour les remorques, Cabestan pour la menuiserie, une entreprise mounarde pour la sérigraphie, mais aussi Ocivélo, Pont et Pignons, Altinova et d’autres. On veut privilégier les partenariats locaux et les marques françaises.
100 % de nos vélos sont de marque française et beaucoup sont assemblés dans un rayon de moins de 200 kilomètres.
Comment la Métropole vous a aidé dans votre parcours entrepreneurial ?
J’ai d’abord créé l’entreprise chez moi, puis j’ai loué un espace dans un entrepôt logistique. J’en ai vite vu les limites. Intégrer une pépinière de Saint-Étienne Métropole a alors été une étape importante, qui m’a permis de revoir les bases des différents métiers (finances, compta, RH, etc.) et surtout de bénéficier d’un suivi individuel très intéressant.
C’est suite aux échanges avec les développeurs économiques de la Métropole que j’ai également changé le statut de l’entreprise pour lui faire intégrer l’économie sociale et solidaire, plus en adéquation avec les valeurs que je voulais porter.
Enfin, ils m’ont permis de trouver un local en me faisant des propositions pertinentes et en me mettant en relation. S’il n’y avait pas eu la Métropole, je serais peut-être toujours en train d’en chercher un…




