Redonner sa place aux rivières
Les rivières, longtemps oubliées
Les cours d’eau sont omniprésents dans le territoire de Saint-Étienne Métropole, dessinent des vallées, sculptent des paysages, déterminent des bassins de vie (on habite « dans le Gier » ou « dans l’Ondaine »).
Pourtant, elles passeraient presque pour invisibles car encaissées au fond de ravins étroits, dissimulées derrière des talus, ou même recouvertes par l’urbanisation. Quel visiteur de passage se douterait qu’au milieu de Saint-Étienne coule une rivière ? Que les centres-villes de Saint-Chamond et Rive-de-Gier sont littéralement construits sur un lit ?
Cette situation est héritée d’un passé mouvementé, et d’une conception largement utilitaire de la rivière.
Plus de 500 km de cours d’eau sur le territoire
L’impact de l’urbanisation sur les cours d’eau
Avec l’âge d’or de l’industrialisation et l’urbanisation galopante qui l’accompagne, les rivières ont longtemps été perçues comme des outils de production. L’eau est alors une force motrice à domestiquer, autant qu’un déversoir pratique des eaux usées.
Les rivières, dès lors, sont largement canalisées, ouvragées, dissimulées. Aujourd’hui encore, plus de 300 seuils barrent le Gier et ses affluents. Les cours d’eau de ce seul bassin versant sont par ailleurs recouverts sur plus de 15 kilomètres.
Les inondations, un risque croissant pour le territoire
Utilitaire, cette méthode de gestion de la rivière montre ses limites lorsque les débits, d’ordinaire faibles, augmentent soudain.
En moins de 30 ans, des crues dévastatrices ont touché une partie du territoire (notamment en 2003, 2008 et 2024), et ont tristement rappelé que dans leur lit, l’Homme s’était installé.
Le dérèglement climatique, déjà à l’oeuvre, augure d’épisodes pluvieux intenses plus réguliers encore, rendant la situation intenable.
Redonner de l’espace aux rivières
Dès lors, Saint-Étienne Métropole esquisse aujourd’hui la nouvelle relation qu’elle souhaite nouer avec les rivières :
- Ne plus la contraindre mais lui laisser de l’espace
- Ne plus lui tourner le dos mais lui faire face.

Des chantiers pour restaurer les cours d’eau
C’est le sens de l’action de Saint-Étienne Métropole qui, dans son approche de la rivière, poursuit trois objectifs :
- réduire le risque d’inondation,
- favoriser le retour de la biodiversité,
- améliorer le cadre de vie.
C’est pourquoi elle :
- élargit le lit des rivières,
- renature les cours d’eau et les berges,
- supprime des seuils ou crée des passes à poissons,
- plante des milliers d’arbres et arbustes,
- crée des voies vertes le long de ses rivières, qu’elle redécouvre.
Des projets menés avec tous les acteurs du territoire
L’ensemble de ces actions est formalisé dans des accords et des contrats adoptés par bassin versant. Ces actions associent tous les acteurs impliqués : communes, usagers de l’eau (riverains, agriculteurs, entreprises…), agences de l’eau, État, Département…
Des chantiers d’envergure
Parmi les centaines d’actions concrètes listées dans ces contrats, certaines donnent lieu à des chantiers spectaculaires, comme les travaux d’aménagement :
L’entretien des rivières, un travail quotidien
La Métropole mène également un entretien régulier de ses rivières, y compris, et d’ailleurs surtout sur des parcelles privées, sur lesquelles elle intervient en vertu d’une déclaration d’intérêt général.
Elle conventionne alors avec les propriétaires pour mener sur leurs terrains des travaux forestiers :
- débroussaillage,
- enlèvement des embâcles (accumulation naturelle ou accidentelle de débris qui obstruent le lit d’un cours d’eau),
- tronçonnage,
- enlèvement des espèces exotiques envahissantes (renouée du Japon, lysichiton, datura, berce du caucase, balsamine de l’himalaya…)
- suppression de petits aménagements comme des passages à gué,
- mise en défens (clôturer les bords de rivière pour laisser la flore, la faune et les sols se reconstituer),
- création de mares…
Ces actions, certes moins spectaculaires, sont tout aussi essentielles pour assurer le bon fonctionnement hydraulique et la renaturation des berges et des cours d’eau. Elles limitent également les dégâts lors d’épisodes pluvieux intenses.
Une vingtaine d’agents oeuvrent ainsi quotidiennement, sur les rivières et leurs affluents, ciblant les zones les plus sensibles, où le risque inondation est le plus marqué.
Ils illustrent ainsi le fait que la rivière s’envisage à long terme et se vit au quotidien.