Transformer les déchets en biogaz
Plus que jamais, les déchets sont les ressources de demain.
On le sait déjà pour tous les emballages jetés dans la poubelle jaune (le bac de tri), orientés vers des filières de recyclage. C’est vrai, aussi, pour d’autres déchets, parfois insoupçonnés.
Du déchet au biogaz
Les déchets alimentaires
Depuis l’été 2025, les déchets alimentaires déposés dans les quelque 880 bornes de collecte du territoire atterrissent à La Terrasse-sur-Dorlay. Là, ils sont traités par Pilat-Métha, un méthaniseur mis en place par des agriculteurs locaux, avec le soutien de la Métropole.
Les déchets alimentaires s’y dégradent, fermentent, et produisent un biogaz, épuré puis injecté dans le réseau.
En 2024, 2 300 tonnes de déchets alimentaires avaient été collectés sur l’ensemble du territoire. Or, Pilat-Métha est à même d’en traiter dix fois plus !
Et comme rien ne se perd, le digestat, le résidu de matières issu de cette fermentation, est lui utilisé comme fertilisant par les agriculteurs locaux. Un engrais naturel, liquide, inodore,
rapidement assimilé par les plantes et très efficace, qui remplace avantageusement les engrais chimiques.

Les eaux d’épuration
Moins connu, mais redoutablement efficace : les eaux d’épuration peuvent elles aussi produire du biogaz.
A Furania
Elle traite les eaux usées de près de 200 000 habitants. Ce traitement génère en effet la création de boues d’épuration. Celles-ci sont alors collectées et, si une petite partie est réinjectée dans le circuit de traitement, qu’elle favorise, la grande majorité est dirigée vers deux gros digesteurs.
Ici, chauffées à 37°c, les boues fermentent et produisent du biogaz. Biogaz épuré et transformé en biométhane, qui est injecté dans le réseau.
Les 6 800 tonnes de boue collectées chaque année à Furania produisent une quantité de biométhane équivalente à la consommation annuelle de 1 000 foyers !
Au Pertuiset
La station d’épuration du Pertuiset traite les eaux usées des habitants de La Ricamarie, Le Chambon-Feugerolles, Firminy, Fraisses et Unieux Elle méthanise elle aussi ses boues. Moins conséquentes qu’à Furania, elles permettent néanmoins de rendre le site autonome en énergie. Le gaz produit alimente les chaudières, chauffe le bâtiment, et permet à la station de fonctionner !
Des mini-méthaniseurs ?
Déchets verts, lisiers, effluents d’élevage, sont méthanisables et, par conséquent, des sources de production d’énergie à explorer.
Si implanter des méthaniseurs de grande ampleur n’est pas aisé, Saint-Étienne Métropole essaie de développer un modèle assis sur des microstructures au plus proche des exploitations agricoles. Celles-ci permettraient de produire de petites quantités de gaz, qui seraient récoltées par camion, comme pour la collecte de lait !
Un gisement semble exploitable sur quelques communes du territoire, possédant une forte densité d’agriculteurs, en particulier des fermes d’élevage laitières, particulièrement productrices d’effluents.

Rouler au biogaz
Produire du gaz naturel, c’est (très) bien. Lui offrir des débouchés, c’est encore mieux.
Si une grande partie du biogaz produit sur le territoire est injecté sur le réseau de gaz, Saint-Étienne Métropole cherche également à proposer ce produit pour d’autres usages. Notamment ouvrir cette ressource au secteur des transports, particulièrement friand de ressources pétrolières.
Aussi, elle vient d’inaugurer une première station d’avitaillement en biogaz à Saint-Victor-sur-Loire, au lieu-dit Puits Voisin. Une deuxième station est elle en cours d’aménagement à Genilac.
Idéalement situées à deux pas de l’autoroute dans la vallée du Gier et dans la vallée de l’Ondaine, ces deux stations pourront alimenter tous les véhicules roulant au biogaz.



