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Dessintey : la thérapie miroir

Un écran, comme une fenêtre, sur lequel apparaît une main. Qui s’ouvre et qui se ferme. En apparence, rien de révolutionnaire, et pourtant… Nous voici face à un produit d’excellence de Dessintey, l’aboutissement d’une technique de rééducation précieuse pour nombre de malades : la thérapie miroir, qui consiste à… tromper le cerveau.

Nicolas Fournier, co-fondateur de Dessintey, a été interviewé sur RTL dans le cadre des chroniques de Saint-Étienne Métropole.

Nicolas Fournier, co-fondateur de Dessintey, l’explique :

« Une personne ayant fait un AVC (accident vasculaire cérébral) peut se retrouver paralysée d’un bras. Cette paralysie est due aux lésions du cerveau, mais pas à une impossibilité mécanique. Si on entraîne le cerveau à retravailler avec le bras invalide, il va pouvoir le rebouger ».

C’est là que le produit imaginé par Dessintey intervient : « Nous faisons des images du bras valide, en mouvement, puis inversons l’image et la projetons sur le bras paralysé. Le cerveau du patient croit alors que le bras paralysé bouge. Il va ainsi réapprendre le geste, reconstruire des connexions. Après plusieurs séances, couplées à d’autres techniques de rééducation, certains patients peuvent ainsi retrouver l’usage de leur bras paralysé. »

Si la technique est née outre-Atlantique dans les années 1990, le produit qui la met en œuvre est, lui, tout récent et 100 % métropolitain. « Il y a souvent un gap entre la recherche et la pratique et, si la technique était connue, la mettre en application n’était pas si simple ». C’est dans cet espace qu’a émergé Dessintey.

"Sans cesse en croissance depuis notre création"

Made in Sainté

Tout commence au début des années 2000. Pascal Giraux, chef de service rééducation au CHU de Saint-Étienne, a vent de la thérapie miroir et cherche à la déployer. Il bricole un spécimen, puis est rejoint quelques années plus tard par Davy Luneau, qui s’appuie sur les nouvelles technologies pour construire un prototype plus abouti et informatisé. Celui-ci est alors testé dans plusieurs centres de rééducation, notamment stéphanois.

Le succès est au rendez-vous et, en 2016, leur prototype remporte le prix de la rééducation au congrès national de la médecine physique et de réadaptation. Reconnu et attendu par ses pairs, il doit être industrialisé. Mais, issus du monde médical, Pascal Giraux et Davy Luneau manquent d’un appui entrepreneurial.

C’est Saint-Étienne Métropole qui va leur fournir, en les mettant en relation avec Nicolas Fournier. Celui-ci intègre l’entreprise et les aide à développer le produit pour en faire un dispositif commercialisé, aujourd’hui utilisé dans une dizaine de pays et dans les principaux hôpitaux français.

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« Nous avons été très bien accompagnés par Saint-Étienne Métropole d’un point de vue logistique, soutien, conseil. Nous avons également bénéficié d’aides au moment du lancement du projet. C’est aussi pour ça que nous sommes contents de renvoyer la balle en parlant de notre territoire un peu partout dans le monde. »

Ah bon ?

Le nom de l’entreprise ne doit rien au hasard et est intimement lié au territoire.

« Lors de sa conception, nous avons visité presque 80 centres de rééducation avec notre prototype pour le confronter aux usages. Nous avons eu beaucoup de retours très positifs et, très vite, nous avons été identifiés comme « l’équipe de Sainté ». »

Quand il a fallu trouver un nom à l’entreprise, l’équipe « de Sainté » est donc tout naturellement devenue… Dessintey !

Un terreau fertile

Et si la Saint-Étienne Métropole leur a offert un soutien précieux, ils ont aussi su s’appuyer sur les spécificités d’un territoire d’excellence.

« Nous avons travaillé avec plusieurs designers sur l’ergonomie de notre dispositif, qui est aujourd’hui sa force, ainsi que sur son logiciel, intuitif, très facile de prise en main et d’utilisation. C’est ce qui nous a permis et nous permet toujours de nous démarquer de nos concurrents. »

En plus, l’entreprise consolide sans cesse ses liens avec le monde médical.

« Saint-Étienne a une très bonne réputation en matière de rééducation au niveau national, et nous avons la chance d’avoir une université, l’UJM, et notamment son LIBM (laboratoire inter-universitaire de biologie de la motricité), de très haut niveau. Nous travaillons constamment avec des chercheurs issus de ce laboratoire pour développer de nouveaux produits, de nouvelles techniques. »