Tribunes libres janvier/février 2026
La rubrique Tribunes libres est ouverte aux conseillers métropolitains ou aux groupes de conseillers métropolitains. Ces textes, ainsi que toute autre forme de communication externe, n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs.
Notre responsabilité, anticiper
On anticipe quand on dispose de données scientifiques pour prévoir. Agir est une obligation. Il faut éliminer les dangers annoncés. C’est le devoir des élu·es.
S’y soustraire est une faute pénale. La goutte froide du 17 octobre 2024 et ses terribles conséquences sont à prendre très au sérieux. Il faut s’attaquer aux causes et non aux conséquences de la catastrophe.
La cause : un ruissellement excessif amplifié par l’imperméabilisation des sols et une pratique agricole inadaptée. L’urgence c’est de travailler sur l’amont des bassins versants. Aménager le cours du Gier est utile, mais pas essentiel. La solidarité intercommunale doit s’exercer pleinement et vite, des choix budgétaires nouveaux s’imposent. Aujourd’hui, les mêmes causes entraîneraient les mêmes effets. Les facteurs d’amplification du ruissellement restent inchangés.
Par miracle il n’y a pas eu de victime, mais qu’en sera-t-il demain ?
Jean DUVERGER, élu écologiste de Saint-Étienne
Pour un territoire durable
Chaque année, Saint-Étienne Métropole présente son Rapport sur le Développement Durable. Il devrait incarner une volonté politique d’anticiper les défis sociétaux, économiques et environnementaux.
Pourtant, il ressemble davantage à un catalogue d’actions disparates, qui ne forment pas une stratégie cohérente pour répondre aux enjeux majeurs de notre collectivité.
Bien que articulé autour de cinq axes, il se limite à juxtaposer des réalisations sans en évaluer l’impact réel.
Par exemple, on y apprend que 4 à 5 kilomètres de haies sont plantés chaque année pour les agriculteurs, mais rien n’indique leur efficacité à long terme, ni leur entretien. Ces actions, aussi positives soient-elles, ne s’inscrivent pas dans une logique structurée qui intégrerait des pratiques agricoles durables pour limiter les ruissellements et protéger les sols.
Face à l’urgence climatique et aux bouleversements économiques, il est indispensable d’adopter une approche transversale.
Germain COLLOMBET, conseiller métropolitain écologiste de Saint-Étienne
Des priorités à redéfinir
La sécurisation de l’eau et l’autonomie alimentaire doivent devenir des priorités absolues, nécessitant une révision profonde de nos choix budgétaires. Mais Saint-Étienne Métropole manque de méthode d’évaluation globale pour mesurer l’impact des actions engagées.
Pour la première fois, le compte administratif 2024 incluait une évaluation climatique du budget, une avancée que les écologistes réclament depuis 2020. Pourtant, cette annexe, bien qu’imparfaite, n’est même pas mentionnée dans le rapport Développement Durable 2025.
Comment expliquer cette omission, alors qu’elle aurait permis de quantifier les efforts contre le réchauffement climatique ? Les 85 millions d’euros de dégâts causés par la goutte froide du 17 octobre 2024 devraient pourtant accélérer la prise de conscience et la réorientation des priorités.
Olivier LONGEON, conseiller métropolitain écologiste de Saint-Étienne
Agir à la hauteur des enjeux climatiques
Le budget du Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) passe de 5,8 à 7,5 millions d’euros, une augmentation dérisoire face aux aménagements nécessaires pour éviter la répétition des catastrophes.
Il est nécessaire de mettre en oeuvre une stratégie ambitieuse et évaluée en continu, afin de garantir qu’elle répond aux besoins des habitants et protège leur environnement.
Il est également urgent d’adopter des outils comme Cap Territoire Durable, que nous avons proposé dès juin dernier, pour intégrer les conséquences environnementales et sociales dans chaque décision budgétaire.
L’inaction d’aujourd’hui hypothèque l’avenir. Agir à la hauteur des enjeux est une responsabilité collective.
Julie TOKHI, conseiller métropolitaine écologiste de Saint-Étienne
La Métropole va enfin pouvoir fonctionner normalement
Le verdict rendu par le tribunal correctionnel dans l’affaire de la vidéo intime est venu mettre un terme à la situation intenable dans laquelle était plongé notre territoire depuis trois ans. Condamné à 5 ans de prison, dont 4 ferme, Gaël Perdriau a également été rendu inéligible avec effet immédiat.
Il aura fallu cette sentence pour que notre Métropole retrouve un fonctionnement normal, sans les interférences causées par son pseudo « retrait total » de la Présidence de SEM. L’exécutif conduit par Sylvie Fayolle aura enfin les coudées franches pour cette fin de mandat. Il lui faudra notamment gérer une situation budgétaire délicate, en grande partie due à des décisions nationales. Mais cette situation est aussi l’héritage de choix inconséquents faits par le désormais ex-président, qui avait programmé plus de 800 millions d’investissements sur le mandat… sans en prévoir le financement.
Isabelle DUMESTRE, François BOYER, Laetitia VALENTIN et Ali RASFI
En tant que maire de Villars, je souhaite alerter sur les effets néfastes de l’instauration du QR-code obligatoire pour l’accès aux déchèteries. Ce dispositif s’avère être un obstacle pour de nombreux usagers car l’obtention du QR code est complexe. À l’heure où la « simplification » est de plus en plus nécessaire, pouvons-nous nous satisfaire d’un tel système qui éloigne les citoyens des déchèteries ?
Depuis la mise en place de ce dispositif, nous constatons un accroissement des dépôts sauvages qui nuit gravement au bon traitement des déchets et à l’environnement et entraîne un surcoût pour les collectivités. Dans ces conditions, je considère, qu’avec mes collègues élus de Saint-Étienne Métropole, nous nous sommes trompés en approuvant cette mesure. C’est pourquoi je demande que ce dispositif soit suspendu.
En tant qu’élu local, je me tiens prêt à soutenir toute initiative constructive allant dans le sens d’un service de déchèterie plus accessible aux administrés et donc plus bénéfique pour l’environnement.
Jordan DA SILVA, Maire de Villars, conseiller départemental délégué
