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La Cité du design développe le design actif en France

Depuis mars 2022, l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) a signé une convention avec la Cité du design qui permet à sa filiale Cité Services d’accompagner 100 communes françaises dans une démarche de « design actif » avec, en ligne de mire, les Jeux de Paris 2024.

Explication avec Victoria Rosello, directrice de la création au sein de Cité Services, filiale de la Cité du design. Elle a été interviewée sur RTL dans le cadre des chroniques de Saint-Étienne Métropole.

Qu’est-ce que le design actif ?

C’est un design conçu pour inciter les gens à bouger, à se mettre en mouvement. Il s’adresse à tous, en particulier, voire surtout, à ceux qui ne sont pas sportifs. Souvent, le sport peut être perçu comme excluant, avec des notions de capacité et de technicité. Le design actif gomme cela. Il invite au contraire à l’inclusion et à l’expérimentation. Il vise le divertissement, et non la performance ; le ressenti, et non la peur. Il ambitionne de faire sortir les gens de chez eux.

Concrètement, comment se matérialise-t-il ?

Le design actif est une notion encore récente en France, qui va au-delà du simple aspect coloré ou graphique d’un espace public. Il s’agit de donner ou redonner de la vie et de l’intérêt à des espaces publics pour que les gens aient envie de s’y rendre. Nous avons conçu en janvier un catalogue de propositions concrètes de mobilier urbain axées sur trois univers : celui du surf, du skateboard et du breakdance.
Pour le surf par exemple, on propose aux gens d’expérimenter la recherche de leur équilibre sur une planche suspendue par des cordes élastiques.
Pour le breakdance, nous avons imaginé un podium face à un miroir, avec un jeu de lumières qui incite à bouger, à se mettre en mouvement. Ces disciplines suscitent un sentiment d’appartenance fort mais aussi une opportunité d’évasion susceptible d’attirer les gens et d’annihiler leurs appréhensions.

Victoria Rosello

Victoria Rosello – Directrice de la création au sein de Cité Services, filiale de la Cité du design

« Le design actif vise le divertissement, et non la performance. »

Que représente, pour la Cité du design, cette convention passée avec l’Agence nationale des territoires (ANCT) ?

C’est une reconnaissance et un vrai challenge ! Elle va nous permettre d’accompagner 100 communes françaises dans leurs projets de design actif en ville. C’est l’opportunité pour nous de créer, à terme, un catalogue complet d’expériences urbaines de design actif qui réinterprétera de nombreuses autres disciplines (l’escalade, le BMX, le football, le rugby…). Des industriels nous ont déjà contactés pour fabriquer nos mobiliers et cela ouvre de belles perspectives, tant en France qu’en Europe.

Quelle est la plus-value stéphanoise en matière de design actif ?

Le design actif, c’est avant tout du design, tout court ! Et en la matière, notre territoire est riche. Designers, entreprises… l’expertise est ici, à Saint-Étienne.
D’ailleurs, nous travaillons avec 3 entreprises locales dans le cadre de cette convention : GR Concept Plastic et BSG Design Lab, deux entreprises stéphanoises, et Distorsion, entreprise régionale. J’ajoute que la Cité du design a fait le choix d’un design actif « low-tech », un design qui limite le recours à la technologie, plus accessible, plus durable aussi.
C’est un parti pris qui séduit. Depuis novembre, nous avons déjà accompagné six territoires pilotes autour du design actif. Il y a une véritable attente des collectivités en la matière et la Cité du design est en mesure de répondre à leurs attentes.