À Rive-de-Gier, une concertation pour la découverture du Gier
Saint‑Étienne Métropole ouvre une grande concertation publique autour du projet de découverture du Gier dans le centre‑ville de Rive‑de‑Gier. Objectif : protéger durablement la commune des inondations, qui l’ont durement frappée à plusieurs reprises.
Les Ripagériens se souviendront longtemps de ce 17 octobre 2024. Ce jour-là, de fortes pluies occasionnent d’importantes inondations sur le territoire. À Rive-de-Gier, canalisé sous la voirie, le Gier déborde de sa couverture. La violence de la crue est inouïe, les dégâts immenses.
Ce n’est pas la première fois que le Gier déborde. C’est la troisième fois en 20 ans (2008, 2013, 2024). Et ce ne sera, sans doute et malheureusement, pas la dernière.
Une solution qui émerge, parmi toutes, pour protéger la ville
Longtemps, les pouvoirs publics ont cru pouvoir canaliser l’eau en amont de Rive de Gier, située en aval de 70 % du bassin versant, à l’endroit le plus étroit de la vallée.
L’analyse de multiples scénarios techniques et les études, rendues en 2022, sont unanimes : le caractère torrentiel du Gier et hétérogène du bassin versant rendent cette hypothèse peu plausible.
Utiliser les barrages comme écrêteurs de crue ? Trop dangereux pour l’alimentation en eau potable.
La seule solution capable d’absorber une crue centennale se dessine donc : la découverture complète et l’élargissement du lit de la rivière sur près d’un kilomètre au cœur de Rive-de-Gier.
Un chantier gigantesque. Ce serait, ni plus ni moins, une opération inédite et jamais vue en France, et pour laquelle, avant toute décision, Saint-Étienne Métropole engage une vaste concertation.

Un bassin versant puissant et contraignant
Le Gier est alimenté par un bassin versant de près de 400 km², caractérisé par un relief marqué générant des montées des eaux rapides.
Cette configuration naturelle explique l’intensité du phénomène de crue et la nécessité de solutions structurelles robustes pour protéger la commune.
Les études montrent que la couverture actuelle du cours d’eau n’est plus en capacité de contenir la rivière au‑delà d’un débit de 229 m³/s, entraînant débordements, ruissellements et risques graves pour la population.
Le 17 octobre 2024, le Gier n’a mis que deux heures pour atteindre ce seuil avant de déborder de toutes parts. Sans faire de victime, bien heureusement, mais le bilan aurait pu être plus lourd.
Des actions déjà engagées pour réduire le risque d’inondation…
Depuis plusieurs années, différents dispositifs ont été déployés :
Saint-Étienne Métropole a élargi le lit du Gier sur le site de l’ancienne verrerie. L’aménagement s’est révélé efficace lors de la dernière crue de 2024, bien qu’insuffisant pour protéger complètement la commune.
Côté réglementaire, les partenaires ont déjà toute légitimité pour agir. L’État a mis en place un plan de prévention des risques naturels prévisibles d’inondation à l’échelle du bassin versant. Et Saint-Étienne Métropole a adopté son plan d’action et de prévention des inondations sur le Gier. Ce plan a notamment encadré les travaux réalisés sur le site de l’ancienne verrerie.
Un projet partenarial à grande échelle
Depuis mars 2024, l’État, la Ville de Rive‑de‑Gier et Saint‑Étienne Métropole travaillent ensemble pour élaborer une réponse stratégique au risque d’inondation, aux côtés d’Epora, établissement public de l’ouest Rhône-Alpes et de l’agence de l’eau Rhône-Corse-Méditerrannée.
Voici ce qui a déjà réalisé :
- 16 octobre 2024 : Saint-Étienne Métropole, l’État et la Ville de Rive-de-Gier lancent l’étude de faisabilité sur la découverture du Gier. Ironie de l’histoire, c’était la veille de la crue dévastatrice du 17 octobre qui a confirmé l’urgence du projet.
- 2 octobre 2025 : Le Conseil métropolitain accorde au projet de découverture du Gier, le statut d’ « opération d’intérêt métropolitaine ».
- 29 décembre 2025 : signature du Projet Partenarial d’Aménagement (PPA) de préfiguration, associant également l’Agence de l’Eau et l’Établissement Public Foncier
Ces démarches permettent aujourd’hui de lancer les études préalables et d’ouvrir une large concertation.

Une concertation ouverte à tous : dates, lieux et objectifs
Les études de faisabilité sont d’ores et déjà lancées. Un pareil chantier, dont la durée est estimée à près de 20 ans, cumule les enjeux. Il impacterait l’habitat, l’activité économique et le commerce, les mobilités… Le Gier est canalisé sous l’actuelle cours Nelson-Mandela, RM88, itinéraire de délestage de l’A47…
Entre février et juin, une série de rendez‑vous permettra aux habitants et usagers de découvrir le diagnostic, comprendre ces enjeux et échanger avec des médiateurs.
Une exposition itinérante, des stands, des promenades commentées et plusieurs rencontres sectorielles rythmeront cette phase 2 de la concertation.
- Samedi 7 février au Jardin des Plantes, avec stand, exposition et promenades in-situ.
- Plusieurs rencontres dans différents secteurs de la ville : mercredi 18 février (Centre Social Armand-Lanoux), vendredi 3 mars (Gare), jeudi 2 avril (Centre Social Henri Matisse), mercredi 8 avril (secteur Est, lieu à confirmer)
- 18 avril : nouveau temps de concertation, avec stand, exposition et promenades in-situ.
Une réunion publique de restitution est prévue en juin.
Participez ! Donnez votre avis !
Ce projet transformera durablement le cœur de Rive‑de‑Gier. D’une difficulté, il peut devenir aussi une opportunité de réinventer une ville plus aérée et plus végétalisée.
👉 Prenez part aux rencontres, visitez les expositions, échangez avec les médiateurs et contribuez à la réflexion collective !




