À Rive-de-Gier, deux mois d’infos sur le risque inondation
Saint‑Étienne Métropole ouvre une grande phase d’information publique sur les aménagements nécessaires à la réduction du risque d’inondation à Rive-de-Gier. Le projet : remettre la rivière à ciel ouvert dans le centre-ville, sur plus d’un kilomètre.
Les Ripagériens se souviendront longtemps de ce 17 octobre 2024. Ce jour-là, de fortes pluies occasionnent d’importantes inondations sur le territoire. À Rive-de-Gier, canalisé sous la voirie, le Gier déborde de sa couverture. La violence de la crue est inouïe, les dégâts immenses.
Ce n’est pas la première fois que le Gier déborde. C’est la troisième fois en 20 ans (après 2003 et 2008). Et ce ne sera, sans doute et malheureusement, pas la dernière.
Une solution qui émerge, parmi toutes, pour protéger la ville
Longtemps, les pouvoirs publics ont cru pouvoir canaliser l’eau en amont de Rive-de-Gier, située en aval de 70 % du bassin versant, à l’endroit le plus étroit de la vallée.
L’analyse de multiples scénarios techniques et les études, rendues en 2022, sont unanimes : le caractère torrentiel du Gier et hétérogène du bassin versant rendent cette hypothèse peu plausible.
Utiliser les barrages comme écrêteurs de crue ? Trop dangereux pour l’alimentation en eau potable.
La seule solution capable d’absorber une crue centennale se dessine donc : la découverture complète et l’élargissement du lit de la rivière sur près d’un kilomètre au cœur de Rive-de-Gier.
Un chantier gigantesque. Ce serait, ni plus ni moins, une opération inédite et jamais vue en France, et pour laquelle, avant toute décision, Saint-Étienne Métropole engage une vaste concertation.

Un bassin versant puissant et contraignant
Le Gier est alimenté par un bassin versant de près de 400 km², caractérisé par un relief marqué générant des montées des eaux rapides.
Cette configuration naturelle explique l’intensité du phénomène de crue et la nécessité de solutions structurelles robustes pour protéger la commune.
Les études montrent que la couverture actuelle du cours d’eau n’est plus en capacité de contenir la rivière au‑delà d’un débit de 230 m³/s, entraînant débordements, ruissellements et risques graves pour la population.
Le 17 octobre 2024, le Gier a mis moins de 3 heures pour atteindre ce seuil avant de déborder de toutes parts. Sans faire de victime, bien heureusement, mais le bilan aurait pu être plus lourd.
Des actions déjà engagées pour réduire le risque d’inondation…
Depuis plusieurs années, différents dispositifs ont été déployés :
Saint-Étienne Métropole a élargi le lit du Gier sur le site de l’ancienne verrerie. L’aménagement s’est révélé efficace lors de la dernière crue de 2024, bien qu’insuffisant pour protéger complètement la commune.
Côté réglementaire, les partenaires ont déjà toute légitimité pour agir. L’État a mis en place un plan de prévention des risques naturels prévisibles d’inondation à l’échelle du bassin versant. Et Saint-Étienne Métropole a adopté son programme d’actions et de prévention des inondations sur le Gier. Ce plan a notamment encadré les travaux réalisés sur le site de l’ancienne verrerie.
Un projet partenarial à grande échelle
Le projet d’aménagement a déjà reçu le soutien de :
- l’État,
- l’Agence de l’eau Rhône-Corse-Méditerranée,
- l’Établissement public de l’ouest Rhône-Alpes (Épora)
Ces partenaires ont déjà réalisé un certain nombre d’actions pour élaborer une réponse stratégique au risque d’inondation :
- 16 octobre 2024 : Saint-Étienne Métropole, l’État et la Ville de Rive-de-Gier lancent l’étude de faisabilité sur le réaménagement de la ville, pouvant ouvrir la possibilité de remettre le Gier à ciel ouvert. Ironie de l’histoire, c’était la veille de la crue dévastatrice du 17 octobre qui a confirmé l’urgence du projet.
- 2 octobre 2025 : Le Conseil métropolitain accorde au projet de découverture du Gier, le statut d’ « opération d’intérêt métropolitaine ».
- 29 décembre 2025 : signature du Projet Partenarial d’Aménagement (PPA) de préfiguration, associant l’Agence de l’Eau et l’Établissement public foncier de l’ouest Rhône-Alpes (Épora).
Ces démarches permettent aujourd’hui de lancer les études préalables et d’ouvrir une large concertation.

Découvrir le Gier dans le centre-ville de Rive-de-Gier : des enjeux immenses
La rivière est enfouie au cœur de l’hyper centre, sous des axes majeurs : le cours Nelson-Mandela, le cours du 11 novembre… Ces avenues sont, notamment, les itinéraires de convois exceptionnels, à qui il faudra trouver d’autres chemins, dans une géographie de fond de vallée plus que contrainte.
Élargir le lit de la rivière, c’est aussi, nécessairement, repenser l’urbanisation : le bâti, l’habitat, les commerces, les activités économiques…
C’est, enfin, anticiper un chantier de longue haleine et tout faire pour en limiter les conséquences sur la ville et ses habitants.
Une phase d’information publique pour s’informer objectivement et tout comprendre
Entre février et juin 2026, une série de rendez‑vous permettra aux habitants et usagers de découvrir le diagnostic, mesurer et comprendre ces enjeux et échanger avec des médiateurs.
- Samedi 7 février au Jardin des Plantes à Rive-de-Gier, de 14h30 à 17h30 : stand d’information, jeux, deux balades urbaines sur le tracé du Gier en centre-ville à 15h et 16h30.
- Mercredi 18 février, Centre Social Armand-Lanoux, de 14h à 17h,
- Mardi 3 mars, Gare de Rive-de-Gier, de 16h à 19h,
- Mercredi 1er avril, Centre Social Henri-Matisse, de 14h à 17h,
- Mercredi 8 avril, MJC de Rive-de-Gier, théâtre Couzon, de 14h à 17h,
- Samedi 18 avril, au Jardin des Plantes à Rive-de-Gier, de 14h30 à 17h30 : stand d’information, jeux, deux balades urbaines sur le tracé du Gier en centre-ville à 15h et 16h30.
Une réunion publique de restitution est prévue en juin.
Par la suite, la concertation se poursuivra, notamment sur la construction des différents scénarios d’aménagement.
Participez et donnez votre avis !
Ce projet transformera durablement le cœur de Rive-de-Gier. D’une nécessité à se protéger des inondations, la Ville de Rive-de-Gier peut en faire une opportunité. Celle d’améliorer le cadre de vie. De végétaliser la ville. D’apaiser les canicules. De repenser un urbanisme plus adapté au changement climatique. Mais rien ne se fera sans les habitants.
👉 Prenez part aux rencontres, visitez les expositions, échangez avec les médiateurs et contribuez à la réflexion collective !




